Au premier trimestre 2026, la conjoncture économique dans les territoires ultramarins dessine un paysage contrasté. En Guadeloupe et en Martinique, le secteur de la construction continue de peser lourdement sur l’activité, tandis que le tourisme apporte une note d’espoir. À La Réunion, c’est la régulation des prix de l’énergie qui permet de contenir l’inflation.
Guadeloupe : un BTP en difficulté, un tourisme en progression
Selon les dernières tendances conjoncturelles publiées par l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), l’activité économique guadeloupéenne recule par rapport à la fin 2025, en particulier dans la construction. Dans le même temps, la fréquentation hôtelière progresse de 3,7 %, portée par la saison touristique. Le climat des affaires reste toutefois orienté à la hausse au-delà de sa moyenne de long terme, soutenu par une amélioration des délais de paiement et une baisse des impayés entre entreprises.
Point de vigilance : le territoire enregistre depuis le début de l’année une accélération des procédures de redressement judiciaire, de liquidation et de radiation d’entreprises, approchant le seuil des 500 défaillances annuelles.
Martinique : l'emploi affecté par le recul du BTP
En Martinique, l’activité économique mesurée par le nombre d’heures rémunérées poursuit son recul, avec une baisse de 0,6 % par rapport au premier trimestre 2025. Ce repli, engagé depuis fin 2024, s’explique notamment par la construction, dont l'emploi chute de 2,9 % sur la période.
La Réunion : l’énergie réglementée limite l’inflation
À La Réunion, la régulation des prix des hydrocarbures continue de jouer un rôle d’amortisseur : l’inflation annuelle est ainsi limitée à 1,7 % fin mars 2026, un niveau nettement inférieur à celui observé dans d’autres territoires ultramarins confrontés à des surcoûts structurels sur l’énergie et les produits importés.
Vie chère : un chantier budgétaire attendu à l’automne
Ces difficultés conjoncturelles s’inscrivent dans un débat plus large sur le coût de la vie outre-mer, alimenté par les travaux préparatoires au budget 2026. Un texte spécifiquement dédié à la lutte contre la vie chère est annoncé pour l’automne, avec des discussions portant notamment sur les marges de la grande distribution et le financement de la continuité territoriale, dont l’enveloppe a été revalorisée sans toutefois couvrir l’ensemble des besoins exprimés par les élus des 2,8 millions d’habitants ultramarins.
Ce qu’il faut retenir
- Guadeloupe : BTP en recul, tourisme en hausse (+3,7 % de fréquentation hôtelière), défaillances d’entreprises en accélération.
- Martinique : activité économique en repli (-0,6 %), emploi dans la construction en baisse de 2,9 %.
- La Réunion : inflation contenue à 1,7 % grâce à la régulation des prix de l’énergie.
- Un projet de loi sur la vie chère outre-mer est attendu à l’automne 2026.
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Questions fréquentes
Pourquoi le BTP recule-t-il en Guadeloupe et en Martinique ?
Le secteur pâtit d’un ralentissement des mises en chantier et des investissements, dans un contexte de coûts de construction élevés et de demande plus prudente, ce qui pèse directement sur l'emploi local.
Comment La Réunion parvient-elle à limiter l’inflation ?
Le territoire bénéficie d’un dispositif de régulation des prix des hydrocarbures qui plafonne les hausses répercutées aux consommateurs, contrairement à d’autres territoires ultramarins plus exposés aux variations des cours mondiaux.
Que prévoit le futur texte sur la vie chère outre-mer ?
Annoncé pour l’automne 2026, il doit notamment encadrer les marges de la grande distribution et renforcer le soutien à la continuité territoriale, sans que son contenu définitif soit encore arrêté.
