Premier bassin de production de pommes de terre de France, les Hauts-de-France traversent une année 2026 particulièrement agitée. Après une récolte 2025 historique qui avait fait plonger les prix, la filière régionale doit désormais composer avec l’effet inverse : des surfaces plantées en repli et des rendements plombés par la chaleur, alors que les usines de transformation locales – frites, chips, fécule – restent parmi les plus nombreuses du pays.
Une région qui pèse à elle seule plus de la moitié de la production française
Les Hauts-de-France concentrent près de 61 % des surfaces nationales de pomme de terre de conservation, ce qui en fait de très loin la première région productrice du pays. Une position qui expose directement l’économie régionale aux à-coups de la filière : quand le marché national de la pomme de terre tousse, c’est d’abord dans l’Aisne, la Somme ou le Nord que les effets se font sentir, des champs jusqu’aux usines agroalimentaires qui en dépendent.
Du record de 2025 au trou d’air de 2026
La campagne 2025 avait été marquée par une récolte exceptionnelle, si abondante qu’elle avait fini par peser sur les cours et fragiliser la trésorerie de nombreux producteurs. En réaction, les surfaces cultivées ont reculé d’environ 14 % pour la campagne 2026. Un ajustement qui se double d’un accident climatique : la production nationale de pomme de terre de conservation et de demi-saison est désormais attendue autour de 6,5 millions de tonnes, en repli de 22 % par rapport au niveau record de l’an dernier, sous l’effet conjugué de la baisse des surfaces et d’un recul des rendements de l’ordre de 9 %.
Sur le terrain, le rendement moyen pourrait passer sous la barre des 40 tonnes à l’hectare, l’un des niveaux les plus faibles enregistrés depuis 1996. En cause : les épisodes de canicule et le déficit hydrique qui ont marqué l’été. Le groupe Tereos, fortement implanté dans la région à travers ses activités sucrières et amidonnières, estime que le rendement de ses propres planteurs pourrait être inférieur de plus de 20 % à celui de 2025.
Des conséquences directes pour les producteurs et l’industrie locale
Cette baisse de production intervient alors que le marché n’a pas totalement digéré l’excédent de la campagne précédente : dans l’Aisne, une partie de la filière évoquait encore récemment un stock résiduel de plusieurs centaines de milliers de tonnes pesant sur les prix. Résultat, un climat de grande incertitude pour les exploitants, entre coûts de production qui ne baissent pas et volumes disponibles à la vente qui, eux, se réduisent. Les industriels de la transformation, très présents dans la région (comme évoqué dans notre article sur les investissements du réseau électrique en Hauts-de-France, indispensables à ces usines gourmandes en énergie), surveillent de près l’évolution des contrats pour la campagne 2026-2027.
Ce trou d’air agricole s’ajoute à un contexte économique régional déjà tendu, marqué par des difficultés dans plusieurs secteurs et par une vague de pertes d'emploi chez les dirigeants d’entreprise observée cette année dans les Hauts-de-France. Le déficit hydrique n’a d’ailleurs pas épargné d’autres régions agricoles françaises, à l’image de la Normandie, où une enveloppe de soutien a été débloquée pour les agriculteurs touchés par la sécheresse.
Ce qu’il faut retenir
- Les Hauts-de-France produisent environ 61 % des pommes de terre de conservation françaises
- Les surfaces plantées en 2026 ont reculé d’environ 14 % après le record de 2025
- La production nationale attendue recule de 22 %, à environ 6,5 millions de tonnes
- Les rendements régionaux pourraient chuter de plus de 20 % chez certains producteurs, sous l’effet de la canicule
- L’industrie de transformation locale (frites, chips, fécule) suit de près l’évolution des volumes disponibles
Questions fréquentes
Pourquoi les Hauts-de-France sont-elles si dépendantes de la pomme de terre ?
La région concentre l’essentiel des terres agricoles favorables à cette culture ainsi qu’un tissu industriel très développé (frites surgelées, chips, amidonnerie), ce qui en fait un pilier économique local, sensible au moindre aléa de production.
La baisse de production va-t-elle faire remonter les prix ?
Une production plus faible tend mécaniquement à soutenir les cours après la chute observée en 2025, mais l’ampleur de la hausse dépendra aussi des stocks encore disponibles et de la demande des industriels transformateurs.
La sécheresse a-t-elle touché toute la région de la même façon ?
Non, les rendements varient fortement d’une parcelle à l’autre selon l’accès à l’irrigation : les secteurs irrigués limitent les pertes, tandis que les cultures en sec subissent des baisses de rendement beaucoup plus marquées.
Sources
Pour suivre l’actualité économique des autres territoires, retrouvez nos articles dans la rubrique Actualités Nationales et, sur un autre front agricole touché par la sécheresse cette année, notre rubrique Normandie.
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
