En Île-de-France, de plus en plus de logements loués sur Airbnb ne servent plus seulement à accueillir des touristes de passage : ils sont occupés plus de 120 jours par an, ce qui en fait, dans les faits, des locations quasi permanentes. Une étude de l’Institut Paris Région (IPR) met en chiffres ce basculement, qui inquiète de plus en plus les pouvoirs publics franciliens et les candidats à la location classique.
Un basculement vers la location « à l’année »
Selon l’IPR, le nombre d’annonces Airbnb louées plus de 120 nuits par an a nettement progressé en Île-de-France entre 2023 et 2025, avec une concentration marquée sur Paris intra-muros. Ces logements représentent désormais une part considérable de l’offre touristique de la capitale.
- À Paris, 52 900 annonces sont louées plus de 120 jours par an, un volume qui a doublé depuis 2019.
- Elles pèsent pour près de 41 % des annonces parisiennes sur la plateforme, et jusqu’à 72 % des nuitées réservées dans la capitale.
- Leur poids dans l’ensemble du marché a atteint un point haut historique de 38 % en 2025, après la sortie de la crise sanitaire.
La riposte de la Ville de Paris
Face à cette tendance, la mairie de Paris a durci sa réglementation sur les meublés de tourisme, avec une multiplication des contrôles et des amendes depuis 2026. Jacques Baudrier, adjoint au logement de la capitale, affirme que cette politique commence à porter ses fruits : la ville dit gagner un nombre croissant de procès contre des propriétaires en infraction et espère ainsi faire revenir jusqu’à 25 000 meublés touristiques illégaux dans le parc de l’habitat permanent.
Le sujet n’est pas propre à la capitale : partout en région, le tourisme reste un moteur économique majeur, ce qui complique l’équilibre entre attractivité touristique et accès au logement pour les habitants. La frontière entre location saisonnière classique et location touristique transformée en bail de fait reste d’ailleurs un point de friction juridique récurrent.
Un marché locatif déjà sous tension
Ce glissement intervient alors que le marché locatif francilien est lui-même sous pression. Plusieurs observateurs du secteur relèvent un recul marqué de l’offre de locations meublées longue durée en 2025, alors que la demande reste élevée, notamment portée par les étudiants et les actifs mobiles. Les baux de durée intermédiaire gagnent du terrain, signe d’un marché qui cherche de nouveaux équilibres entre propriétaires et locataires dans toute l’actualité régionale.
Pour les candidats à la location, mieux vaut anticiper : les mêmes points de vigilance que pour une location de vacances s’appliquent de plus en plus aux locations longue durée, où la frontière entre meublé touristique et logement principal se brouille.
Questions fréquentes
Qu’appelle-t-on une location Airbnb « à l’année » ?
Il s’agit d’une annonce louée plus de 120 nuits par an, soit le seuil au-delà duquel la réglementation parisienne considère qu’un meublé de tourisme est détourné de sa vocation touristique pour devenir une location de fait permanente.
Pourquoi ce phénomène progresse-t-il en Île-de-France ?
La forte demande touristique sur Paris et sa région, combinée à une rentabilité plus élevée que la location classique, pousse une partie des propriétaires à privilégier la location courte durée prolongée plutôt qu’un bail d’habitation ordinaire.
Que risque un propriétaire qui dépasse la limite légale à Paris ?
La mairie de Paris a intensifié les contrôles et les poursuites depuis 2026 : les propriétaires en infraction s’exposent à des amendes et à des procédures judiciaires, la ville cherchant à faire requalifier ces logements en habitat permanent.
Sources
Institut Paris Région — étude sur les meublés de tourisme en Île-de-France
Boursorama (AFP) — Le nombre de locations Airbnb « à l’année » augmente en Île-de-France
MySweetImmo — Location en Île-de-France : Paris stable, banlieue en hausse
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
